MP3Mouvement Patriotique pour la Prospérité du Peuple

Notre vision

L’afro-socio-libéralisme est la doctrine du MP3. Elle s’inspire des valeurs fondamentales des sociétés africaines pour un contrat social fondé sur la justice sociale et la prospérité partagée.

Le MP3 est le parti des patriotes : le regroupement des afro-socio-libéraux qui se veulent bâtisseurs de la renaissance africaine, une plateforme de concertation ouverte à qui veut la justice sociale et la prospérité partagée. L’organisation se veut populaire : être avec le peuple, penser et agir pour le peuple, accomplir par le peuple. Le mot d’ordre : construisons ensemble un Cameroun de justice sociale et de prospérité partagée. Les difficultés prennent racine dans les carences du leadership politique. Le parti entend porter lui-même la vision.

Les mots, d’abord

Quatre mots reviennent tout au long du texte. Chacun a un sens précis.

  • Justice sociale

    L’école, les soins, l’emploi, la protection sociale et la terre sont accessibles à tout le monde, pas seulement à ceux qui ont déjà des moyens.

  • Prospérité partagée

    On peut créer, entreprendre et gagner. L’État encadre pour que le fruit du travail revienne aussi à ceux qui le produisent, et aux territoires où il est produit.

  • Afro-socio-libéralisme

    Le nom de la doctrine. « Afro » : elle part des sociétés africaines. « Socio » : la solidarité passe avant le chacun pour soi. « Libéralisme » : la liberté d’entreprendre reste, dans un cadre.

  • Tendance centriste

    La doctrine se place au milieu, entre un socialisme qui étoufferait l’initiative et un libéralisme qui laisserait les plus faibles de côté.

Pourquoi 2050

L’horizon est 2050. L’Afrique compterait alors près de 2,5 milliards d’habitants, plus du quart de la population mondiale, avec plus de la moitié de ses citoyens âgés de moins de 25 ans. Le continent deviendrait le premier marché de consommation et le principal pourvoyeur de main-d’œuvre, fort de son potentiel agricole, minier et énergétique. Cinq des neuf pays qui porteraient la moitié de la croissance mondiale seraient africains : le Nigéria, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, la Tanzanie et l’Ouganda. Le Nigéria, avec 400 millions d’habitants, serait la troisième puissance démographique, après l’Inde et la Chine. Ces chiffres sont tirés du rapport du département des affaires économiques et sociales de l’ONU.

Cet afro-optimisme n’enlève rien à la nécessité d’une vision stratégique dès maintenant, pour que cette Afrique profite à ses citoyens. Au cœur de ce continent, le Cameroun aurait dépassé cinquante millions d’habitants et consolidé un rôle de leader économique, technologique, diplomatique et militaire. Depuis les premiers explorateurs à la fin du XVe siècle, le destin du pays a trop souvent été écrit par d’autres. Le Cameroun de 2050 devra résulter de la capacité de chacun à penser le devenir collectif. « Voici venu le temps de notre autodétermination. »

Les peuples qui composent la nation ont développé des modèles d’organisation fondés sur la justice, l’équité sociale, le développement solidaire et la prospérité partagée. Loin de rejeter la propriété privée et la recherche du profit, ces sociétés ont intégré l’émancipation de l’individu dans l’accomplissement de la collectivité. Dans un monde individualiste, revenir à ces valeurs permet de construire une Afrique libre, digne et prospère. C’est l’afro-socio-libéralisme.

La doctrine s’inspire des valeurs fondamentales des sociétés africaines pour un contrat social fondé sur deux piliers. La justice sociale est la racine de la pensée africaine : elle traduit l’ordre de l’univers dans la cité. Elle se matérialise par une société solidaire et l’accès universel à une éducation de qualité, aux soins, à l’emploi, à la sécurité sociale et à la propriété foncière. La prospérité partagée est l’aspiration : la libre entreprise encadrée par un État qui régule une croissance inclusive, l’accès aux facteurs de production au moindre coût, la protection des producteurs locaux, la consolidation du statut du salarié, et la répartition équitable des fruits de la richesse nationale.

L’afro-socio-libéralisme est donc une idéologie panafricaniste à tendance centriste, au point d’équilibre entre le socialisme et le libéralisme. Elle promeut des politiques qui préservent l’écosystème africain pour les générations futures. Le MP3 s’en dit l’initiateur. Au-delà du socle, le courant se veut vivant : il appelle chacun à la construction du programme et à la décision. Il vise une démocratie participative qui rétablit le consensus africain, par la rétrocession du pouvoir souverain aux peuples.

Dans sa dimension active, la doctrine reprend la philosophie de l’ubuntu : « Je suis ce que je suis, grâce à ce que nous sommes, ensemble. » La collectivité fournit à chacun les moyens d’agir ; l’individu accompli élève la communauté nationale et panafricaine. Se dire afro-socio-libéral au XXIe siècle tient en trois engagements.

Trois façons de s’en réclamer

Se dire afro-socio-libéral, c’est tenir ces trois engagements dans la vie publique.

  • Incarner les valeurs africaines de solidarité et d’équité, et le respect de la nature, de la vie et de la dignité humaine.
  • Tenir le travail acharné pour l’unique voie d’un développement durable, national et panafricain.
  • Défendre en toutes circonstances la méritocratie, la transparence, l’excellence et la bonne gouvernance.

Neuf principes, trois piliers

Un principe est une règle qui guide les choix avant le détail technique. Le premier pilier parle du pays et de la mémoire. Le deuxième, de la vie matérielle et de la place des femmes. Le troisième, de l’Afrique et de la souveraineté.

  • Les fondements patriotiques
    • Développer la mémoire collective des peuples du Cameroun.
    • Consolider la culture nationale camerounaise.
    • Une éducation populaire fondée sur la citoyenneté participative, le leadership et l’entrepreneuriat.
  • Le cadre socio-économique
    • Assurer l’émancipation sociale pour tous.
    • Renforcer le pouvoir d’action et l’autonomie de la femme.
    • Développer l’économie par la prospérité partagée.
    • Cultiver le patriotisme économique.
  • La construction panafricaine
    • Conquérir la souveraineté monétaire, militaire et stratégique.
    • Construire une émergence panafricaine concertée.

Ce que le parti veut changer, en sept champs

Le programme détaillé de 2025 à 2050 doit encore être écrit avec les militants et des acteurs de la société civile. Le chantier s’appelle « 25 questions pour bâtir le Cameroun de 2025-2050 ». En attendant, le mémorandum a déjà fixé les mesures. Chacun des sept champs répond à une question simple : l’école, l’État, la santé, le travail, le Made in Cameroun, la place du pays dans le monde, l’argent public.

01 · Idéologie, identité, culture et valeurs

Ce chapitre porte la promotion de l’afro-socio-libéralisme, la construction de la culture nationale, et la transmission des valeurs.

  • L’idéologie politique
    • Créer un institut national des hautes études panafricaines, pour repenser le développement de l’Afrique dans les sciences juridiques et politiques, les sciences économiques, le commerce et la finance internationale, la recherche technologique, le numérique, le génie industriel et minier.
    • Déployer un programme national de participation civique pour les Camerounais de 15 à 20 ans : des écoles CLE (citoyenneté, leadership, entrepreneuriat) dans tous les arrondissements, pendant les vacances scolaires.
  • L’identité nationale et le panafricanisme
    • Construire la culture nationale par l’enseignement et la diffusion, dans l’espace public, de l’histoire des peuples, des traditions et des legs ancestraux.
    • Instaurer un moment de ralliement : le chant de l’hymne national par tous, sur tout le territoire, chaque lundi matin.
    • Adopter le 8 août comme journée nationale de commémoration des héros et des patriotes.
    • Réhabiliter les pères fondateurs en donnant leur nom à des écoles, des voies, des espaces publics et des édifices.
    • Adopter une langue nationale de portée panafricaine, pour l’intégration culturelle du continent.
  • Culture, sport et transmission des valeurs
    • Implanter des maisons de l’information, de la culture et de l’entrepreneuriat (MINCEP) dans tous les arrondissements, pour l’accès à la connaissance utile et aux outils informatiques.
    • Adopter un calendrier national des manifestations culturelles, levier de brassage et de tourisme domestique.
    • Créer le musée des étoiles, pour célébrer les Camerounais qui excellent et inspirer les plus jeunes.
    • Déployer une politique d’infrastructures, d’encadrement et de formation du sport, pour replacer les équipes nationales au sommet du continent, dans toutes les disciplines.
  • Transparence, méritocratie, lutte contre la corruption
    • Mettre en place une plateforme publique sur les actions de l’État et leurs résultats.
    • Adopter une loi anti-corruption et renforcer le pouvoir de poursuite de la CONAC.
    • Appliquer strictement l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens et avoirs des responsables publics.
    • Rendre effective la Haute Cour de justice (article 53 de la Constitution de janvier 1996) pour juger les hauts commis de l’État.
    • Développer un programme national de bourses pour primer les meilleurs résultats aux examens nationaux.

02 · État, administration publique et justice

Ce chapitre porte la transformation des pouvoirs publics, la performance de l’administration, et la réforme de la justice.

  • La réforme de l’État et des institutions
    • Former une fédération de régions administrativement et économiquement autonomes, chacune avec un gouvernement et une assemblée locale, pour rendre la décision aux populations.
    • Découper les départements et les communes selon la répartition géographique des ensembles ethnoculturels, couplée à la viabilité économique des territoires.
    • Consacrer la commune comme unité de base et levier du développement.
    • Élire le président de la République à deux tours, pour un mandat renouvelable une seule fois.
    • Nommer un Premier ministre, chef du gouvernement, issu de la majorité à l’Assemblée nationale.
    • Rendre le gouvernement responsable devant le chef de l’État et devant l’Assemblée : remaniement possible, et motions de censure dans des conditions prévues.
    • Dissoudre le Sénat et répartir ses missions entre les assemblées locales et l’Assemblée nationale.
    • Créer une haute institution des cultures, pour institutionnaliser le pouvoir traditionnel.
  • L’administration et la fonction publique
    • Contractualiser les cadres sur des contrats de performance renouvelables.
    • Redéployer le personnel et numériser les services publics pour en faciliter l’accès.
    • Prévoir des avantages sociaux pour les agents qui prennent fonction dans les zones les moins desservies.
  • La justice et la magistrature
    • Consolider l’indépendance du judiciaire vis-à-vis de l’exécutif, et rapprocher une magistrature modernisée des citoyens.
    • Décongestionner les prisons par une meilleure régulation des détentions préventives, et améliorer les conditions carcérales.
    • Protéger particulièrement les citoyens les plus vulnérables.

03 · Éducation, santé, sécurité sociale et pouvoir d’action des femmes

Ce chapitre porte les systèmes éducatif, sanitaire et de protection sociale, et la place des femmes dans la décision et l’économie.

  • Le système éducatif
    • Refondre et régionaliser les programmes selon les ressources et le potentiel de l’économie locale, pour coller à la demande d’emploi.
    • Professionnaliser les enseignements et spécialiser les formations dès le secondaire, avec le secteur privé.
    • Orienter en priorité les contenus vers les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, pour l’esprit logique et la capacité d’innovation.
    • Introduire la citoyenneté, l’entrepreneuriat et le leadership dès l’entrée au secondaire.
    • Enseigner les langues nationales et une langue panafricaine dans les lycées et collèges, et diffuser la culture panafricaine.
    • Faire une place au développement personnel des élèves. Cinq orientations : professionnaliser dès le secondaire, spécialiser les formations, régionaliser selon l’économie locale, diffuser la culture panafricaine, développer la personne.
    • Les systèmes actuels datent d’avant l’indépendance. Ils formaient une main-d’œuvre pour les administrations coloniales. Ils laissent aujourd’hui des jeunes sans compétence d’emploi et des diplômés sans poste.
    • Réorganiser les calendriers scolaires selon les saisons climatiques, pour les activités de vacances pendant les périodes ensoleillées.
    • Organiser des échanges scolaires inter-régionaux pour les meilleurs élèves, afin de renforcer le sentiment d’appartenance nationale.
  • Santé publique et sécurité sociale
    • Axe le système de santé sur la prévention et l’accessibilité des soins pour tous.
    • Renforcer le plateau technique et ouvrir une plateforme avec les médecins camerounais de l’étranger, pour le retour des compétences.
    • Mettre en place progressivement une couverture santé universelle, en priorité pour les plus vulnérables : une assurance maladie publique qui protège toutes les couches de la population contre le risque financier lié aux soins.
    • Instaurer un revenu universel de base, pour réduire les inégalités et préserver la dignité.
    • Décentraliser la gestion de l’ensemble des prestations sociales à l’échelle des régions.
  • Le pouvoir d’action des femmes
    • Étendre les allocations prénatales et les prestations liées à la maternité à l’ensemble des femmes camerounaises.
    • Intensifier la scolarisation des filles, et pénaliser le mariage des enfants ainsi que les mutilations sexuelles féminines.
    • Adopter des mesures foncières, fiscales et douanières de soutien aux PME portées par des femmes.
    • Fixer un quota minimal de représentation des femmes dans les conseils municipaux et régionaux, et à l’Assemblée nationale.

04 · Économie et politiques de développement

Ce chapitre porte le modèle économique et les politiques sectorielles : terre, agriculture, énergie, mines, industrie, villes, entrepreneuriat.

  • Le modèle : la prospérité partagée
    • Structurer la pensée économique de l’État autour de la croissance inclusive et du partage équitable de ses fruits.
    • Intensifier l’industrialisation, la recherche et l’innovation dans trois secteurs : l’agriculture, les énergies renouvelables, le numérique.
    • Accompagner en priorité les PME et l’économie rurale, et encadrer puis normaliser l’économie informelle.
    • Concevoir une architecture fiscale de solidarité, qui avantage les entreprises réinvestissant une part importante de leurs gains sur le territoire, surtout en milieu rural.
    • Réviser le statut du salarié et faciliter son accès au capital de l’entreprise.
    • Optimiser la mission de régulation de l’État : créer les conditions de la croissance, et tenir l’exploitation des ressources pour contrôlée et durable.
  • Le foncier
    • Assurer un accès équitable et sécurisé à la terre, pour toutes les couches de la population.
    • Protéger les territoires communautaires et la biodiversité, et renforcer le contrôle des concessions dans le domaine de l’État.
    • Moderniser le cadastre : transparence des procédures, délais plus courts pour les titres de propriété.
  • L’agriculture et le développement durable
    • Créer au moins un agropôle par département, en partenariat public, entreprises et communautés, pour l’autosuffisance alimentaire.
    • Choisir les filières locales selon la nature des sols et le climat.
    • Créer une agence nationale de promotion des exportations, pour accompagner les producteurs sur les marchés régionaux et internationaux.
    • Protéger l’environnement par une exploitation rationnelle des terres et la préservation de la diversité des espèces.
  • L’énergie et les mines
    • Viser à moyen terme un mix de 40 % d’énergies fossiles, 30 % d’électricité, 20 % de biomasse et 10 % d’autres renouvelables.
    • Développer des infrastructures de production dans chaque bassin pétrolifère, pour la souveraineté de l’État sur le pétrole et le gaz.
    • Construire de nouvelles raffineries à Kribi (bassin Kribi-Campo) et à Garoua, pour les réserves onshore du septentrion.
    • Multiplier les micro-barrages sur la Sanaga, le Nyong, la Bénoué, le Noun, le Moungo, la Lokoundje, le Chari, la Metche, le Djérem, sous le pilotage des régions.
    • Investir dans le solaire et la géothermie.
    • Mettre à jour et publier la carte géologique et minière du Cameroun.
    • Harmoniser l’exploration minière au plan national, et déléguer aux régions la supervision des exploitations.
    • Répartir les recettes fiscales pétrolières et minières dans une logique de prospérité partagée.
  • Industrie, infrastructures et villes
    • Aligner la politique industrielle locale sur les filières agricoles, halieutiques et minières des régions.
    • Alléger droits de douane, précomptes et impôt sur les sociétés pour les industries locales de l’alimentaire, de l’énergie, des matériaux de construction et du numérique.
    • Construire des autoroutes entre les capitales régionales, pour les flux de biens et de personnes.
    • Prolonger le rail Douala–Yaoundé–Ngaoundéré jusqu’à Maroua, et construire une ligne Bamenda–Batouri via Kumba, Kribi, Sangmélima et Yokadouma, d’est en ouest.
    • Créer des villes durables, où le logement et les infrastructures tiennent compte des enjeux sociaux, économiques et environnementaux.
  • Entrepreneuriat et numérique
    • Créer des incubateurs régionaux, en partenariat entre l’administration des régions et le privé.
    • Défiscaliser, pendant leurs trois premières années, les start-up et PME créées par des citoyens de moins de 30 ans.
    • Déployer des hubs technologiques à Buea, Douala, Dschang, Ngaoundéré et Yaoundé, avec les groupes industriels et financiers.

05 · Made in Cameroun et attractivité du territoire

Ce chapitre porte le patriotisme économique et les outils qui rendent le territoire attirant.

  • Le patriotisme économique et le Made in Cameroun
    • Soutenir des champions nationaux par un fonds stratégique de garantie, dans les secteurs prioritaires.
    • Imposer un contenu local strict dans le pétrole, le gaz et les mines, pour le transfert de technologies et de pratiques vers la sous-traitance camerounaise.
    • Renforcer les partenariats entre l’État et le privé, et des stratégies concertées pour promouvoir le Made in Cameroun.
    • Fixer un quota minimum de participations détenues par des nationaux dans les filiales des multinationales qui s’installent, via l’État, des partenaires privés ou la bourse.
    • Prioriser les capitaux camerounais dans les privatisations d’entreprises publiques ou parapubliques.
  • L’attractivité et les investissements
    • Développer une marque pays autour de « La Nouvelle Terre du Partage », pour le tourisme et les investissements directs étrangers.
    • Orienter la politique d’investissement vers l’industrialisation et la transformation locale des ressources naturelles.
    • Optimiser l’attribution et le contrôle des terres mises à disposition des projets agro-industriels.
    • Supprimer les visas pour les visiteurs africains dont le séjour dure moins de 90 jours, au service de l’intégration et du commerce intra-africain.

06 · Souveraineté, diplomatie, construction panafricaine et diaspora

Ce chapitre porte la monnaie, la défense, la diplomatie, l’Union africaine et la relation avec les Camerounais de l’extérieur.

  • La politique monétaire
    • Orienter la politique monétaire et fiscale vers la croissance, l’industrialisation et les exportations.
    • Réformer sans attendre le franc CFA (nom, monnaies d’arrimage, change, convertibilité, lieu des imprimeries, retrait des puissances étrangères des instances), en concertation avec la CEMAC, et créer une monnaie digitale panafricaine.
    • Construire, avec les pays des zones franc, une stratégie d’indépendance financière et monétaire à moyen terme.
  • Paix, défense et territoire
    • Concevoir une stratégie de défense axée sur la sécurisation des frontières et la gouvernance autonome du territoire.
    • Construire une armée de proximité, actrice de l’unité, de la justice et de la paix.
    • Renforcer le rôle des forces de défense et de sécurité dans la recherche scientifique, technique et technologique.
    • Rétablir le service militaire pour tous les citoyens qui accèdent à l’enseignement supérieur, pour le brassage républicain et le patriotisme.
    • Résoudre la crise anglophone par un dialogue inclusif avec toutes les couches des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
    • Libérer immédiatement les prisonniers d’opinion, pour apaiser le climat.
    • Redéfinir les accords de coopération et d’assistance militaire, pour préserver la souveraineté et la sécurité de l’État.
  • La diplomatie
    • Déployer une diplomatie active qui replace le Cameroun parmi les voix de l’intégration africaine.
    • Développer une diplomatie culturelle au service de la marque pays, de la visibilité et de l’attractivité.
    • Intensifier la diplomatie économique vers le Nigéria et vers les locomotives de la CEEAC que sont la RDC et l’Angola.
  • L’émergence panafricaine concertée
    • Contribuer à renforcer le rôle de l’Union africaine dans la renaissance historique, culturelle, sociale et économique du continent.
    • Prendre le leadership sur l’harmonisation des politiques monétaires et de développement des communautés économiques régionales, vers un marché financier et monétaire panafricain.
    • Œuvrer à l’harmonisation des politiques de défense et de sécurité, et à l’autonomie financière de l’Union africaine.
  • Partenaires et diaspora
    • Négocier l’aide publique au développement vers l’annulation de la dette, le climat des affaires, l’appui aux entrepreneurs et la sous-traitance locale.
    • Renforcer les partenariats avec les BRICS+, en priorisant la coopération technique avec les pays émergents du Sud.
    • Adopter sans délai la double nationalité, par la révision du code de 1968.
    • Créer une agence d’appui aux investissements de la diaspora, pour diriger l’épargne des Camerounais de l’étranger vers les projets publics.

07 · Politique budgétaire et modèle de gouvernance

Ce dernier chapitre porte la gestion des finances publiques et une gouvernance fondée sur le consensus, la transparence et la participation.

  • Le budget et les finances publiques
    • Orienter la politique budgétaire vers la transparence dans la gestion des ressources publiques.
    • Réduire strictement le train de vie de l’État, pour rediriger les recettes vers les infrastructures sociales : voies et transports, écoles, centres de santé, logements sociaux.
    • Créer une centrale de gestion du parc automobile et immobilier de l’État, pour la répartition et le contrôle de ces biens.
  • La gouvernance
    • Adopter une gouvernance holistique, fondée sur la palabre africaine, la transparence et la participation citoyenne.
    • Consolider l’État de droit par la séparation et l’équilibre des pouvoirs, et par la protection des libertés fondamentales.
    • Mettre en œuvre des modèles de gestion qui rétrocèdent la souveraineté au peuple camerounais.

Avant le détail sectoriel du programme 2025-2050, des transformations constitutionnelles sont critiques. Deux systèmes se succèdent depuis l’indépendance : un régime autocratique sous le président Ahidjo, de 1960 à 1982 ; un régime démocratique hyperprésidentiel sous le président Biya, de 1992 à nos jours ; entre les deux, la décennie 1982-1992 comme transition. Le défi est double : moderniser l’État, et réussir la première transition démocratique à la tête du pays. Ces deux défis en un : la naissance d’une troisième République.

Le MP3 défend le passage du régime hyperprésidentiel à un État régional, avec des pouvoirs plus importants pour les parlementaires et les élus locaux. Cinq réformes sont jugées urgentes.

Cinq réformes à faire sans attendre

Une réforme change une règle du pays. Le mémorandum en juge cinq urgentes, avant le détail sectoriel.

  • Réorganiser les pouvoirs publics

    Le projet s’articule en deux axes : faire évoluer la forme de l’État et déléguer vraiment les pouvoirs aux régions et aux communes ; transformer le régime hyperprésidentiel en régime semi-présidentiel, et supprimer le Sénat.

  • Réviser la Constitution

    Le 18 janvier 1996, une loi révise la Constitution du 2 juin 1972, après les négociations qui ont libéralisé le cadre politique au début des années 1990 : multipartisme, liberté d’expression, liberté de la presse. La Constitution de 1996 consacre les libertés et la décentralisation, et annonce le Conseil constitutionnel, la Haute Cour de justice, le Sénat et les collectivités territoriales décentralisées. Plus de vingt ans après, le texte fondamental n’est que partiellement appliqué. Le mémorandum retient quatre points à reconsidérer.

    • Abaisser la majorité civile et électorale à 18 ans.
    • Élire le président de la République à deux tours, mandat renouvelable une seule fois.
    • Supprimer le Sénat.
    • Appliquer strictement l’obligation de déclarer les biens et avoirs.
  • Réviser le code électoral

    Depuis les premières élections multipartites du début des années 1990, le parti constate un déficit de transparence : calendrier laissé à la discrétion de l’exécutif, faible représentation de la société civile au conseil électoral, interdiction pour Elecam de publier les tendances, manque de neutralité du Conseil constitutionnel. La confiance s’en trouve altérée, visible dans la timidité des inscriptions et les faibles taux de participation. La loi du 19 avril 2012 fixe la durée des mandats, l’éligibilité et les conditions imposées aux électeurs.

    La Constitution et le code électoral de la troisième République devraient sortir de consultations larges, avec l’ensemble des formations politiques et le plus large éventail de la société civile.

    • Neutralité politique stricte des membres du conseil électoral et du Conseil constitutionnel.
    • Bulletin unique, en attendant la biométrie intégrale.
    • Harmoniser tous les mandats électifs à cinq ans.
    • Tenir les élections municipales et législatives, au suffrage universel direct, deux ans après la présidentielle.
    • Tenir, un an après, les élections régionales, celles des grands conseillers auprès des mairies, et celles des délégués des communautés urbaines.
    • Élire les députés au scrutin de liste à la proportionnelle intégrale.
  • Créer le Haut Conseil national des cultures

    Au seuil de la troisième République, le modèle institutionnel doit faire une place au véhicule culturel, pour que l’histoire, les traditions et les valeurs façonnent la vie en commun. Le Haut Conseil national des cultures serait un organe consultatif et indépendant. Il proposerait, à partir des modèles d’organisation des sociétés traditionnelles, des mécanismes pour mettre en œuvre et diffuser la culture nationale, et pour en mesurer l’effet sur les institutions et la vie publique.

    Il institutionnaliserait le pouvoir traditionnel, sur le principe du conseil des sages, avec un rôle consultatif de premier plan. Il serait constitué des représentants de toutes les chefferies traditionnelles de premier degré. Une loi le créerait, et son budget serait inscrit à celui de l’État.

  • Réviser le code de la nationalité

    L’article 31 du code de juin 1968 s’inscrit dans l’histoire qui suit l’élimination des derniers leaders de l’UPC au milieu des années 1960. Les étudiants de l’étranger qui soutenaient une indépendance réelle se sont organisés en contre-pouvoir. L’administration a fini par traiter sa diaspora en ennemie de la nation. L’article 31 retire automatiquement la nationalité camerounaise à tout majeur qui acquiert ou conserve une nationalité étrangère.

    L’acquisition d’une autre nationalité répond le plus souvent à des raisons socio-économiques : sécurité sociale, bourses, soins, frais de scolarité, emploi, mobilité. Beaucoup continuent de faire vivre le vert, le rouge et le jaune, et de créer de la valeur au pays. Depuis plus de vingt ans, la diaspora demande la révision du code de 1968 pour reconnaître la double nationalité. Une telle mesure réduirait les recettes de visa des ambassades. Elle reste rentable pour l’économie. Il est temps d’associer tous les Camerounais, sans discrimination, à la construction d’une nation de justice sociale et de prospérité partagée.

Les douze clés de 2025, publiées sous le titre Le Kontinent debout, prolongent ce cadre. En 2026, le parti précise la forme de l’État par cinq fédérations agroécologiques : Sahel, Plateaux, Montagnes, Côte et Forêt. Cette précision vient après le mémorandum.

Lire le mémorandum en ordreLire les douze clés